Instantanés épars d'actualité expérimentale
"SEOUL (AFP) - Jusqu'à dix mille personnes ont été tuées ou portées disparues dans les inondations qui ont ravagé une partie de la Corée du Nord à la mi-juillet, a indiqué mercredi Good Friends, une organisation sud-coréenne des droits de l'homme considérée comme bien informée sur ce pays.
Selon Good Friends, les médias officiels présentent désormais ces inondations comme étant les pires survenues en un siècle en Corée du Nord. "Environ 4.000 personnes sont dorénavant portées disparues et nous nous attendons à ce que le bilan des morts et disparus atteigne 10.000 personnes", a déclaré l'organisation dans un communiqué. L'agence officielle nord-coréenne KCNA avait récemment admis que "plusieurs centaines de personnes étaient mortes ou disparues dans le pays". Les observateurs ont exprimé leurs craintes que ces inondations n'ajoutent à la pénurie alimentaire chronique dont souffre déjà la Corée du Nord. Le pays dépend en grande partie de l'aide alimentaire de la Chine et de la Corée du Sud, les premiers donateurs, pour nourrir ses 23 millions d'habitants.
En dépit de la gravité de la situation, les militaires ont reçu l'ordre de ne pas quitter leur caserne en raison des tensions provoquées sur la scène internationale par les tirs de missiles nord-coréens le 5 juillet, a précisé Good Friends. Les régions les plus touchées comprennent le Sinyang et des comtés voisins situés le long du fleuve Taedong, qui coule à travers le centre du pays jusqu'à la capitale Pyongyang, selon l'organisation, qui évoque la propagation du paludisme dans les régions les plus méridionales. A Haeju, à un centaine de kilomètres au sud de Pyongyang, des témoins ont vu deux cents cadavres être sortis des eaux, précise Good Friends.
Les pluies diluviennes qui ont débuté le 10 juillet ont duré près de deux semaines. Les inondations et affaissements de terrain ont été d'autant plus importants que la déforestation clandestine sévit largement. Privée de fioul domestique, la population abat en effet les arbres pour se chauffer.
Le régime communiste fait face à une crise nationale, estime l'ancien ministre sud-coréen de l'Unification, Jeong Se-hyun. Les autorités avaient récemment annulé un important festival annuel qui devait se dérouler à partir de la mi-août à Pyongyang. Une centaine de milliers de personnes devaient être mobilisées pour l'événement, sur fond de propagande communiste. La Croix-Rouge de Corée du Sud avait indiqué plus tôt dans la journée que son homologue du Nord avait refusé son aide. Pyongyang, qui n'accepte pas de négocier avec la communauté internationale sur ses programmes nucléaires, ne veut demander d'aide à personne, souligne M. Jeong."