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31 mars 2006 5 31 /03 /mars /2006 11:17
SYDNEY (AP) - Des chercheurs australiens de l'université du Queensland ont lancé jeudi, à titre expérimental, un avion supersonique conçu pour voler dix fois plus vite que les appareils conventionnels.

Le vol d'essai a été mené dans l'arrière-pays australien, à 500 kilomètres au nord d'Adelaide, pour le compte de l'Agence japonaise d'exploration aérospatiale (Jaxa). Le prototype est équipé d'un moteur dit "scramjet" permettant d'atteindre la vitesse de 8.000 km/h, souligne l'université du Queensland dans un communiqué.
Ce test en conditions réelles, le deuxième en moins d'une semaine, avait pour but de collecter des données sur les performances en vol du moteur de 100 kilos doté d'une système d'injection sophistiqué mis au point par la Jaxa. Les informations recueillies seront comparées avec les résultats de tests au sol conduits en Japon.
Les Etats-Unis ont déjà testé en vol un appareil doté d'un moteur scramjet tandis que l'Union européenne, le Japon, la Chine, la Russie et l'Inde travaillent également sur cette technologie, qui selon certains observateurs, pourrait révolutionner le transport aérien.

Reste que les avions de ligne ne sont pas près d'être dotés de tels moteurs, soulignent les responsables de l'université du Queensland. Mais des appareils scramjet pourraient être fabriqués d'ici dix ans pour des utilisations limitées, comme le transport d'organes vitaux pour des transplantations urgentes. AP
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30 mars 2006 4 30 /03 /mars /2006 18:00
Et dîtes donc !
On pourrait pas remplacer les stages non-rémunérés par des CDD, puisqu'on parle d'injustice des jeunes ?
Disons, à partir de la troisième année d'études ?
Quand on passes des photocops d'observation aux dossiers colorés... ?
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30 mars 2006 4 30 /03 /mars /2006 14:03

PARIS (AFP) - Le lapsus commis par Dominique de Villepin, parlant de "démission" au lieu de "décision" du Conseil constitutionnel sur le CPE, rappelle d'autres "cuirs" de certains de ses prédécesseurs à Matignon.

"Nous avons des institutions républicaines et nous devons les respecter", a déclaré le Premier ministre, lors des questions d'actualité à l'Assemblée mercredi, en réponse à François Hollande (PS), qui lui réclamait une nouvelle fois le retrait du contrat première embauche. "Attendons le Conseil constitutionnel qui prendra sa démission demain", a-t-il ajouté, avant de marquer une pause et de se reprendre: "qui prendra sa décision demain".

Voici quelques autres lapsus célèbres de Premiers ministres:
Raymond Barre (1976-1981)
- 3 oct 1980 - Exprimant son indignation après l'attentat antisémite de la rue Copernic : "Cet attentat odieux qui voulait frapper les israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des Français innocents qui traversaient la rue Copernic".

Michel Rocard (1988-1991)
- 29 juin 1988 - A deux reprises, il qualifie de "décret" le projet de loi sur le transfert du pouvoir exécutif en Nouvelle-Caledonie au Haut-commissaire de la République.

Lionel Jospin (1997-2002)
- 5 mars 1998 - Evoquant les fruits de la croissance, Lionel Jospin explique que la majorité plurielle compte "effectivement les faire pousser et mûrir" et plaisante sur un lapsus qu'il vient de faire en disant qu'il allait les "faire pourrir".
- 19 oct 2000 - Il gratifie la député RPR Roselyne Bachelot d'un "monsieur" et plaisante sur son lapsus pour aussitôt en commettre un autre en évoquant la candidature d'Elisabeth Guigou "à Matignon" au lieu d'Avignon.

Jean-Pierre Raffarin (2002-2005) - 16 oct 2003 - Discourant devant l'Institut des hautes études de Défense nationale (IHEDN), il évoque "la dynamique de dépense", au lieu de la "dynamique de défense".
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30 mars 2006 4 30 /03 /mars /2006 01:17
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29 mars 2006 3 29 /03 /mars /2006 22:42
Je me dis que si les français pouvaient se mobiliser tout pareil POUR une cause supérieure... l'intégrité en politique, le droit d'accès aux médicaments et la recherche sur les épidémies pour les pays du tiers monde, la répartition internationale des richesses, l'interdiction de quitter une entreprise qu'on a rendue exsangue avec un pactole scandaleux, ou une réforme intelligente de l'éducation. Pourquoi ne se mobilise-t-on que CONTRE ?

Debout, citoyens !!!
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29 mars 2006 3 29 /03 /mars /2006 22:21

LONDRES (AFP) - Les Allemands sont le peuple le plus intelligent en Europe, loin devant les Britanniques (8e) et très loin devant les Espagnols (15e) ou les Français (19e), selon une étude de l'université de l'Ulster (Irlande du Nord) citée dans le journal The Times.

Avec un quotient intellectuel (QI) moyen de 107, les Allemands devancent d'un souffle les Néerlandais (107) et les Polonais (106), Suédois (104) et Italiens (102) suivant au classement. Les Britanniques, avec un QI de 100, sont largement devancés, mais ils gardent une confortable avance sur les Espagnols (98) et surtout les Français (94), qui ne devancent que la Bulgarie, la Roumanie, la Turquie et la Serbie, dernière au classement.

Le professeur Richard Lynn, auteur de cette enquête, avait déjà beaucoup fait parler de lui en 2005 en affirmant que les hommes avaient en moyenne un QI supérieur de 5 points à celui des femmes.

Selon le professeur Lynn, cette différence de QI entre Français et Britanniques serait en fait l'une des raisons des nombreuses victoires militaires de la Grande-Bretagne sur la France au cours des siècles: "C'est une loi non reconnue de l'histoire que le camp doté du plus grand QI l'emporte en général, sauf s'il présente une réelle infériorité numérique, comme ce fut le cas des Allemands après 1942".

Selon le professeur Richard Lynn, ces différences de QI seraient dues au fait que les populations soumises à des climats plus froids dans le nord de l'Europe auraient développé des cerveaux plus volumineux. Selon les calculs de l'université de l'Ulster, la taille moyenne du cerveau humain en Europe du nord et Europe centrale est de 1.320 centimètres cubes, contre 1.312 centimètres cubes en Europe du sud-est.

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29 mars 2006 3 29 /03 /mars /2006 22:15


Nus à Lyon dans des cercueils contre la grippe aviaire

LYON (Reuters) - Des membres d'un groupe de défense des droits des animaux se sont allongés pratiquement nus dans des cercueils mercredi en plein centre de Lyon pour inviter les consommateurs à ne pas manger de volaille.

Des militants de l'association d'origine américaine Peta (People for the Ethical Treatment of Animals) portaient des pancartes "la grippe aviaire tue, devenez végétariens".

Peta estime que manger de la volaille peut provoquer une pandémie de grippe aviaire.

"La grippe aviaire pourrait constituer à ce jour la pire menace sanitaire pour l'humanité de toute l'Histoire. Les experts estiment que la maladie pourrait tuer un humain sur huit et provoquer l'effondrement de l'économie mondiale", a déclaré Stéphanie Rébato, porte-parole du mouvement.

Peta considère que la grippe aviaire est "le résultat direct de l'élevage industriel où les animaux sont entassés dans leurs excréments et bourrés d'antibiotiques".

L'organisation a prévu de poursuivre ses opérations de sensibilisation du public cette semaine, jeudi à Genève et vendredi à Marseille.

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29 mars 2006 3 29 /03 /mars /2006 17:01

4ème édition du Festival International du Film des Droits de l'Homme – 2006

"Avec près d'une quarantaine de films et une soixantaine de projections, le Festival International du Film des Droits de l'Homme (FIFDH) est la manifestation culturelle sur le thème des droits humains la plus importante de France. Chaque année, elle permet à des réalisateurs du monde entier de présenter leurs oeuvres et de rencontrer le public après chaque projection.

Cette année, la programmation portera particulièrement autour de trois thèmes : le rôle de l'ONU dans la prévention des conflits et le maintien de la paix, l'état de la démocratie en Amérique latine à travers le cas particulier de la Bolivie et enfin, les atteintes en matière d'atteintes aux droits de l'homme en germes ou dont sont déjà porteurs un certains nombre de projets "éducatifs", avec des exemples en France et aux Etats-Unis.

Ce festival souhaite à travers une exigence de programmation cinématographique de qualité, encourager la réflexion citoyenne et le passage à l'action en donner à certains d'entre nous, notamment aux plus jeunes, l'élan mobilisateur nécessaire et suffisant à un engagement
volontaire au service d'une cause qui se traduise dans des faits."

(Vincent Mercier, Directeur du Festival)

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29 mars 2006 3 29 /03 /mars /2006 16:48

ANATOMIE DU MAL de OVE NYHOLM - 

Documentaire - Danemark - 89 mn (2005)


Monsieur Ove Nyholm est danois. Il avait décidé, dans sa lointaine jeunesse, que le monde avait atteint le degré zéro de la conscience avec l’holocauste. Il pensait que depuis, forts des pénibles leçons de l’Histoire, les occidentaux progressaient continuellement : ils s’étaient organisés en institutions et associations garantes du maintien de la paix et des libertés fondamentales, avaient peaufiné leurs systèmes éducatifs et leurs diplomaties en ce sens, croisé leurs économies, et le monde entier allait en prendre de la graine. Par conséquent, une nouvelle ère des lumières s’ouvrait pour l’humanité, et l’avenir ne pouvait qu’être rose.

C’était son petit arrangement avec lui-même, sa façon d’éluder ce questionnement lancinant qui lui vrillait le mental : comment des gens - en l’occurrence des allemands – éduqués, cultivés, esthètes pour beaucoup et chrétiens avaient-ils pu se transformer soudain en bourreaux sanguinaires ?

 Mais voilà, 1992, rebelote. En plein cœur de l’Europe, on se génocide à nouveau. C’est les guerres des Balkans et leur lot de massacres, de viols et de pillages. Et la question de revenir hanter notre réalisateur : d’où vient le pire en l’homme ? Comment un meurtrier de masse peut-il vivre avec ses souvenirs ?

Plus de petits arrangements possibles. Il faut se saisir de la question, la décortiquer. Or, qui pourra mieux lui répondre que ceux qui ont incarné le mal ? Il se rend en Allemagne, sur les traces des anciens nazis. Puis en Serbie, afin de s’entretenir avec des membres des milices paramilitaires serbes. Le travail d’approche est lent, et difficile. Les langues sont liées. Ils les dénouent, petit à petit. Et il en fait un film. C’est « l’anatomie du mal ».

On voit quelques images, de l’horreur, qui révoltent. De la violence gratuite. Plus loin que les ordres, parfois. Ils n'ont épargné personne. On retient quelques phrases :

Le réalisateur : « Et si c’était à refaire ? ».
Un paramilitaire serbe : « A quelques détails près, je ne changerais rien ».

Un ancien Commandant des Einsatz Gruppen (unités mobiles d’extermination) nazis, 3000 hommes répartis en 4 unités qui ont massacré 1,5 millions  de juifs dans les pays de l’Est pendant la seconde guerre mondiale, tente de nous attendrir. Il raconte qu’il demandait à ses soldats de ne jamais séparer les enfants de leur mère. Il fallait au contraire qu’elle les garde dans leurs bras. Pourquoi ?
PARCE QUE cela permettait qu’ils se tiennent plus tranquilles… et surtout, surtout, de les tuer tous deux d’un coup en une seule balle. Efficace et économique donc.

Comment peut-on à ce point se détacher de toute émotion ? Où sont passées, chez ces gens-là, la compassion, l’empathie, ou, à défaut, le sens de l’honneur, la morale ?

Ove Nyholm apporte quelques éléments de réponse.

La première fois, on tue parce que l’on doit.

Ca n’est jamais facile. Un milicien serbe compare cette première fois à une défloraison. Ca coûte, un peu : quelque chose comme la virginité de l’âme. On n’oublie jamais une première fois.

Les fois d’après, non. Les fois d’après, ça devient très facile. Et même, on y prend goût. On devient accroc. On se sophistique dans la terreur, dans l’horreur. On se spécialise. Parfois, même, on s’ennuie.

On s’attache à un sentiment de toute-puissance, à ce droit supérieur de vie et de mort sur son prochain. Alors, on joue à redonner espoir, et puis à changer d’avis. Parfois on épargne, c’est arbitraire.

On s’attache à la mort de l’autre. A cet instant fugace où l’étincelle de vie disparaît d’un regard.

On explore l’angoisse du condamné, qui se lit dans ses yeux, dans la sueur qui coule sur sa peau, dans tout le tremblement de son corps. Ca aide à le mépriser mieux.

On observe sa souffrance, quand celui qu’il aimait vient de tomber à terre. Son père, sa sœur, sa femme, son enfant.

On catégorise : il y a les bruyants, ceux qui hurlent et supplient, ceux qui s’excusent de rien, ceux qui négocient. Et puis les silencieux, pas plus respectables.

C’est eux qui le disent.

« Après, nous nous sommes saoulés, et c’est tout. »

Si l’acte en lui-même devient une formalité, qu’en est-il des remords, de la culpabilité ? Les grands bourreaux font-ils des cauchemars ?

Le même milicien nous explique qu’il n’aimait pas regarder ses victimes dans les yeux. Il se sentait gêné. Pas coupable, gêné. Comme s’il y avait une impudeur dans le fait d’observer la vie nue quitter un homme. On dit que les yeux sont le miroir de l’âme.

Ils n’y pensent pas souvent. Ils essaient de ne pas regarder en arrière. A demi-mot, on comprend qu’ils sont hantés. Pas forcément pas leurs victimes. Parfois, si.

Mais ce qu’ils regrettent le plus, c’est leur vie, leur personnalité d’avant. C’est le souvenir de ce qu’ils ne sont plus qui les hantent. Le souvenir de leur humanité perdue. D’un temps où pour eux la vie d’autrui avait un sens. Où ils jouissaient de petits bonheurs simples. Et c’est avec envie et jalousie qu’ils observent la foule de leurs congénères aux mains propres.

Le mal, pour Nyholm, c’est une entité extérieure, une personnalité, un habit de pénombre que l’on choisit d’endosser. Que l’on choisit…

Pourtant, si c’était à refaire, ils le referaient.

Le Kommander avait des ordres. Il ne pouvait pas y déroger, dit-il. Sans doute, il était aussi persuadé qu’une menace grave pesait sur l’avenir de l’Allemagne. De même, les serbes des milices étaient recrutés à grand renfort de plaidoyers sur l’avenir de la Serbie, d’histoires de persécution et de massacres par les adversaires. Au Kosovo, c’était « dix civils albanais massacrés pour venger un seul civil serbe».

 

Alors on comprend mieux pourquoi les femmes et les enfants aussi. Je suis allée fouiller sur le web pour confirmer mes hypothèses. Voilà ce qu’en en on dit des hauts dirigeants nazis, lors des procès de Nürnberg :

 

 « Je crois que c'est très simple à expliquer, si l'on part du fait que cet ordre visait non seulement à procurer (à l'Allemagne) une sécurité temporaire mais aussi une sécurité permanente. Dans cette optique, les enfants étaient des individus qui grandiraient et constitueraient sûrement, étant les enfants de parents qui avaient été tués, un danger non moindre que celui de leurs parents. »

Himmler lui-même :

« La question suivante nous a été posée: « Que fait-on des femmes et des enfants ? » - Je me suis décidé et j'ai là aussi trouvé une solution évidente. Je ne me sentais en effet pas le droit d'exterminer les hommes - dites, si vous voulez, de les tuer ou de les faire tuer - et de laisser grandir les enfants qui se vengeraient sur nos enfants et nos descendants. Il a fallu prendre la grave décision de faire disparaître ce peuple de la terre. »

 
Alors Nyholm a raison. Le fondement de toute autojustification génocidaire est bien celui-ci : “Ils doivent mourir pour que je puisse vivre”.

Et ce sont bien la peur, la menace ressentie qui sont à la source du mal.

Qu’aurions nous fait, nous ?

Y’a-t-il un terreau favorable à la folie meurtrière, dont nous serions exempts ?

Un milicien nous dit que chaque homme est un meurtrier en puissance. Qu’il existe en chacun de nous un mécanisme. Qu’il suffit d’appuyer sur un bouton, dans notre tête, pour l’enclencher. Pour que le mal devienne notre habit quotidien.

Parfois, c’est un évènement extérieur qui le déclenche. Voir mourir des être chers. Tout perdre. Devoir tuer une première fois.

La justification, si elle ne préexiste pas à l’acte, peut-être, vient a posteriori. Pour pouvoir vivre avec.
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29 mars 2006 3 29 /03 /mars /2006 16:47
Texte provisoire

LE PRIX DE LA PAIX de Paul Cowan – Retour sur une opération de maintien de la paix

Septembre 2003. La République Démocratique du Congo panse ses plaies à l’issue d’une guerre civile qui a fait 3 millions de mort. L’ONU, pourtant, craint un nouveau Rwanda.

Si la capitale Kinshasa est pacifiée et sous l’autorité de Joseph Kabila, l’Ituri, province de l’est du pays est aux mains de seigneurs de guerre. Répartis en six milices paramilitaires abondamment armées, ces « Lords of war » sèment la terreur et la mort au sein de populations locales déjà exsangues. L’enjeu ? Le contrôle des mines d’or et de diamant. Les richesses régionales s’échangent contre des kalachnikovs. On fabrique des machettes à partir de pièces détachées de voiture.

Dans cette zone de non droit, on trouve de nombreux rwandais, anciens officiers et soldats de l’armée gouvernementale Hutu, responsable du génocide des Tutsi en 1994. L’armée ougandaise, appelée à la rescousse, est corrompue : elle alterne actions musclées de stabilisation, pillages et exactions. Devenue simultanément indispensable et indésirable, elle est la bête noire de l’ONU. Pour rendre possible son retrait sans que l’Ituri sombre dans le chaos, il faudrait déployer des forces de maintien de la paix.

Paul Cowan, un réalisateur canadien, a fait pendant deux ans la navette entre le Département des Opérations de Maintien de la Paix de l’ONU et le lieu des massacres : des gratte-ciels new-yorkais aux camps de réfugiés misérables, des difficiles tractations avec le Conseil de Sécurité de l’ONU à la pénible réalité d’un terrain de jeux morbides. L’enjeu est double : les hommes et femmes du Département, en liaison avec la MONUC chargée sur place de coordonner la mission, sont personnellement responsables de prises de position, de décisions qui peuvent s’avérer dramatique. Le Conseil de Sécurité de l’ONU est caution. C’est lui qui décide au final de suivre ou non leurs recommandation. A travers eux, c’est l’ONU dans son ensemble qui met en jeu sa crédibilité. Il en est ainsi à chaque nouvelle opération. 

Pénétrer les dessous du « machin », c’est comprendre : les luttes de pouvoir, la force d’inertie, le manque de moyens, le poids des échecs passés, les traumatismes, les enjeux diplomatiques, et les erreurs d’appréciation, parfois.

C’est ainsi que l’on prend conscience – on le savait déjà, en théorie - du fait que la « communauté internationale » est une entité introuvable, et que l’Organisation des Nations Unies, loin d’être une institution supra-nationale, indépendante et toute-puissante, n’est que la triste somme des ses membres. Mêmes pas unis. Concernés ou pas. Aux intérêts divergents. Et c’est eux, pour les responsables du Département des Opérations de Maintien de la Paix, confrontés quotidiennement à l’horreur, qu’il s’agit de convaincre.

Comment ? Il existe des précédents qui ont plus de poids que tout scénario d’avenir. Savoir jouer sur la culpabilité, désamorcer les traumatismes, c’est faire pencher la balance dans un sens ou dans l’autre. Pas Srebrenica à nouveau, pas de nouveau Rwanda, ne plus s’en laver les mains, ne plus les avoir sales d’ailleurs. Le lourd « investissement » demandé se justifie. Non, il ne s’agit pas de mettre le Congo sous perfusion. Oui, les congolais eux-mêmes, dans un pays finalement pacifié, seront libres de et aptes à prendre leur destin en main. Eviter des massacres, ce n’est pas faire reculer les meurtriers pour mieux les laisser sauter. Il n’est pas question d’enlisement. Non, le Congo n’est pas la Somalie.

Alors, surtout, il s’agit d’apporter des garanties. De définir une stratégie. On est dans le pari, dans la probabilité, dans la prise de risque. On avance à tâtons, dans le documentaire, dans l’histoire, et au rythme du Département.

Les compromis sont douloureux :

Faut-il demander à l’Ouganda de retirer son armée alors que l’arrivée de casques bleus, leur origine et leur nombre, est encore incertaine ?

Faut-il négocier avec les miliciens un dépôt des armes ? Sous quelles conditions ? Faut-il reculer quand dans le village où l’on négocie finalement, on trouve en avertissement le corps d’une fillette éventrée à la machette ?

Faut-il proposer à Thomas Lubanga, chef de milice sanguinaire connu comme le loup blanc, un poste gouvernemental pour l’inciter à quitter la province pour la capitale? Cela permettra-t-il de porter un coup fatal à son organisation ?

Faut-il autoriser la France à sécuriser une ville aux dépends du reste de la région, aux risques de voir affluer des dizaines de milliers de réfugiés dont on sait qu’on n’a les moyens ni de les nourrir ni de les protéger ? Faut-il renoncer à sécuriser cette ville, sous prétexte qu’aucun autre pays n’a accepté de fournir des troupes pour contenir le reste de l’Ituri ?

Bien sûr, de scénarios en fausses pistes, de négociations en trahisons, d’avancées en revers, les tractations s’éternisent. C’est là que l’on apprend que les Etats-Unis refusent d’apporter leur soutien financier – indispensable – à ces opérations parce, disent-ils, « le Congo est le problème de la France, et la France n’a pas soutenu les Etats-Unis dans leur guerre en Irak ».

Pendant ce temps, les populations civiles se font découper à la machette.

Il faudra le massacre de Bunia ( plusieurs centaines de mort, 10 000 familles déplacées selon les observateurs internationaux) pour que l’Uruguay (oui, l’Uruguay !) accepte de mettre quelques centaines de casques bleus à disposition. Et le massacre de deux d’entre eux pour que la France, grande attendue, enfin, prenne le commandement pour trois mois d’un bataillon de 1 850 hommes, armé et aux mains déliées.

Et des avancées symboliques – des trêves non tenues, des traités de paix sans conséquence – pour que l’ONU finalement, vote l’envoie d’une force de quelques 16 000 soldats originaires du Bangladesh, de l’Inde et du Pakistan.

Les opérations de pacification, le désarmement des milices peuvent commencer. Pour l’Uturi, c’est la fin du règne de la terreur.

S’ouvre une fenêtre de reconstruction. Il faudra réintégrer dans une société traumatisée des anciens combattants, de nombreux enfants soldats, refonder un état de droit, organiser des élections, et sortir le pays du marasme économique dans lequel il s’est enfoncé.

Derniers évènements :

Les élections présidentielles qui auraient du avoir lieu en août 2005 ont été repoussées à juin 2006.

A l’heure d’aujourd’hui, on compte trop de candidats pour la présidentielle et pas assez aux législatives : Alors que 35 candidatures à la magistrature suprême et seulement 334 candidatures aux législatives ont été enregistrées pour l'ensemble du pays, le dépôt des candidatures pour les élections est prolongé de dix jours. Les élections pourraient être à nouveau reportées, d’autant. Ce qui nous mène à juillet 2006 (merci Coppi).

Le 17 mars 2006,  Thomas Lubanga, « un important chef de milice » de la région de l'Ituri en République Démocratique du Congo est transféré à La Haye après un an d’emprisonnement à Kinshasa. Il comparaît pour la première fois devant la CPI le 21 mars.

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