Texte Libre

Snapshots, un blog à vocation informativo-réflectivo-divertissante

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Mardi 25 juillet 2006
    Pétition nationale : Nous les prenons sous notre protection !

   
     "Le 30 juin 2006, le sursis accordé aux élèves sans papiers et à leurs parents [est tombé]. Des milliers d’enfants, de jeunes et leurs familles risquent l’expulsion en masse, verront leur avenir et leur vie même anéantis. Nous ne laisserons pas commettre ces infamies en notre nom. Chacun avec les moyens qui sont les nôtres, nous leur apporterons notre soutien, notre parrainage, notre protection. S’ils nous demandent asile, nous ne leur fermerons pas notre porte, nous les hébergerons et les nourrirons ; nous ne les dénoncerons pas à la police.

Pour des milliers d’enfants et de jeunes majeurs, le 30 juin 2006  [n'a pas marqué] le début des vacances d’été, mais bien le commencement d’un calvaire. En effet, à cette date, le sursis que M. Sarkozy avait dû accorder aux jeunes majeurs sans papiers scolarisés et aux parents d’enfants scolarisés [est tombé]. Suspendues parce que les mobilisations d’écoles et de lycées se multipliaient, les expulsions reprendront.

Ainsi, en guise de vacances, des milliers de jeunes et d’enfants joueront aux fugitifs, en vrai, avec ou sans leurs parents, guettant les bruits de pas à l’heure du laitier, tremblant à la vue d’un uniforme et vivant dans la hantise de perdre à jamais leur école, leurs enseignants, leurs copains. S’ils sont arrêtés, le grand jeu de leur été sera un petit rôle dans un film policier sordide : l’interpellation, seul ou en famille, les parents rudoyés, 48 heures de garde à vue dans une cellule de commissariat puis deux ou quatre semaines en rétention, crasse, bruit, violence et promiscuité assurés, et, pour finir, un aller-simple vers un pays qu’ils ne connaissent pas ou plus, dont certains ne parlent pas (ou plus) la langue, papa-maman menottés, entravés comme des bêtes et attachés à leurs sièges.

A l’arrivée, ce sera pour la plupart l’extrême misère : pas de logement ou le bidonville, pas de travail et pas d’espoir d’en trouver. Des persécutions, parfois les plus atroces, contre ceux que la France a débouté du droit d’asile. Ils paieront pour les raisons pour lesquelles ils avaient fui et certains pour avoir dénoncé leurs tortionnaires à l’étranger. Pour les enfants, pas d’école, dans des pays où la scolarisation est un luxe. C’est ce gâchis qui se cache derrière les chiffres records d’expulsions annoncés avec satisfaction par le ministre de l’Intérieur : des milliers de vies propulsées dans l’indigence et parfois achevées sous la torture !

Nous ne laisserons pas détruire la vie de ces enfants, de ces adolescents et de leurs parents. Ils sont nos élèves, les copains de nos élèves ou de nos enfants. Ils ont commencé d’étudier dans ce pays, ils en parlent la langue, ils ont les mêmes joies et, hélas, des soucis bien plus grands que les camarades de leur âge. S’ils décident (ou, pour les plus jeunes, si leurs parents décident) d’échapper à une expulsion honteuse, nous les y aiderons comme nous avons aidé Rachel et Jonathan à Sens, Samuel à Pau, Ming et Wei-Ying à Evreux. Nous sommes solidaires de ceux qui les accueilleraient. S’ils demandent asile, nous ne fermerons pas notre porte.

Cela contrevient aux lois en vigueur. Mais l’enseignement que nous avons à dispenser à nos élèves ou l’éducation que nous devons à nos enfants ne peut pas être l’exemple de la soumission à un ordre injuste. Chacun a en mémoire les épisodes où face à des persécutions insupportables, chacun a dû faire des choix. Et où ne pas choisir était choisir de laisser faire. Et pas seulement dans les périodes de dictature. Rosa Parks, emprisonnée à Atlanta en 1955 pour avoir enfreint les lois ségrégationnistes aurait-elle dû se soumettre au prétexte que ces lois avaient été « démocratiquement » prises ? Le général Paris de la Bollardière, mis aux arrêts pour avoir dénoncé les tortures de l’armée française en Algérie, aurait-il dû se taire parce que la France était une démocratie ?

Nous ne laisserons pas se commettre des infamies en notre nom."


  Source : Réseau Education Sans Frontière

Mardi 13 juin 2006


Communication gouvernementale sur une réduction de coûts, information et syndicats


Le ministre français de l'Education Nationale, Gilles de Robien, a annoncé mardi 13 juin sur LCI que 7000 postes de fonctionnaires seraient supprimés dans l'Education.

Il a ajouté qu '"il n'y aura aucune diminution du rapport enseignant-élève, de façon à ce que ce taux d'encadrement reste identique"

Logiquement, pour que ce taux reste identique, on suppose tout de suite qu'il y aura moins d'élèves en 2007 qu'en 2006. Mais ce n'est pas la bonne explication.

Gilles de Robien précise : "Il y a eu un audit qui a été fait et qui a montré qu'il y avait 28.000 équivalents temps plein aujourd'hui qui n'étaient pas devant les élèves".

Ca veut dire quoi ? Que l'équivalent-horaire de 28 000 professeurs par an est payé à être disponible. Au cas où.

L'AFP qui sort l'information raconte la même histoire, en ajoutant une petite phrase qui me laisse perplexe : "Sans préciser comment le taux d'encadrement restera identique avec ces 7.000 suppressions de postes, Gilles de Robien a assuré que la moyenne du nombre d'élèves par classe "est de 24", et que "l'année prochaine, la moyenne sera exactement de 24 (élèves)" "

Or il semble évident au vu des lignes précédentes (que j'ai lues dans la dépèche elle-même) que M. De Robien souhaite supprimer un quart des postes de professeurs non-employés (qui effectuent, en général, des remplacements).

Evidemment les syndicats sont très très en colère, comme ils se doivent de l'être. On peut presque les comprendre. Nous aussi on aimerait voir des classes de dix élèves emmenées par des profs compétents et disponibles. Mais ce serait oublier que les syndicats sont à la source de tous les blocages pour tenter de réformer notre chère Education. Et que l'Education est dans un noir marasme, indépendamment du nombre d'élèves par classe (je ferai un article dessus à l'occasion)

L'AFP, par sa dépèche tendancieuse, qui sera sans doute reprise par 20 mn et Métro et moultes médias et sites web, complique le travail de communication du gouvernement (qui est déjà proche de la nullité). Et passe outre son devoir de neutralité.

Zéro pointé, donc, pour l'AFP.



PARIS (AFP) - Le taux d'encadrement des élèves ne changera pas en 2007 par rapport à 2006", a déclaré mardi matin sur LCI le ministre de l'Education nationale Gilles de Robien, après l'annonce lundi soir de la suppression de 7.000 postes de fonctionnaires dans l'Education nationale.

"La prochaine rentrée 2006, elle est évidemment complètement préparée, et la rentrée 2007 se passera très bien. Je peux vous dire que le taux d'encadrement des élèves ne changera pas en 2007 par rapport à 2006. Il ne changera pas, je peux le certifier, il n'y aura aucune diminution du rapport enseignant-élève, de façon à ce que ce taux d'encadrement reste identique" a insisté Gilles de Robien.

"L'Education nationale, c'est 1. 243 855 personnes (...) Il y a eu un audit qui a été fait et qui a montré qu'il y avait 28.000 équivalents temps plein aujourd'hui qui n'étaient pas devant les élèves", a-t-il ajouté. Par ailleurs, il n'a pas exclu de "rencontrer les partenaires sociaux parce qu'il y a très honnêtement des décharges de professeurs qui ne sont pas toujours justifiées".

Sans préciser comment le taux d'encadrement restera identique avec ces 7.000 suppressions de postes, Gilles de Robien a assuré que la moyenne du nombre d'élèves par classe "est de 24", et que "l'année prochaine, la moyenne sera exactement de 24 (élèves)". Le gouvernement Villepin a décidé la suppression nette de 15.000 postes de fonctionnaires dans le budget 2007, dont un peu plus de 7.000 au sein de l'Education nationale, a annoncé lundi soir l'entourage du Premier ministre Dominique de Villepin.

Cette réduction, qui constitue quasiment le triple de celle enregistrée en 2006 (-5.300), représente "500 à 600 millions d'économies", une somme qui sera pour moitié rétrocédée aux administrations concernées, a-t-on précisé à Matignon dans le cadre de la présentation des lettres plafonds, envoyées le même jour aux ministères.

Cette décision a provoqué une levée de bouclier chez les syndicats de l'Education. Le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, s'est notamment déclaré "très en colère" après cette annonce. Il a assuré mardi à propos des 8.700 suppressions de postes dans l'Education qu'"on a un système éducatif où il n'y a plus de mauvaise graisse, il n'y a plus que l'os et on entaille l'os". "Ca s'ajoute: on a eu la purge, maintenant on a la saignée", a-t-il expliqué, en référence aux coupes nettes successives de milliers de postes d'enseignants depuis plusieurs années.

"L'Etat en tant qu'employeur fait un plan social qui ferait hurler tous les ministres si une entreprise privée le faisait", a-t-il constaté. Il a estimé que ces nouvelles suppressions d'emplois revenaient à "sacrifier l'avenir des jeunes". "Comment faire mieux réussir des jeunes si vous surchargez les classes, si vous réduisez les possibilités de remplacement, ce qui va se passer, si vous réduisez l'offre de formation en terme d'options et de filières dans l'enseignement professionnel ?", a-t-il interrogé.

Pour sa part, le secrétaire général du syndicat des enseignants (SE-Unsa), Luc Bérille a qualifié mardi dans un communiqué de "massacre à la tronçonneuse" ces suppressions de poste annoncées."

Lundi 12 juin 2006
Un exemple criant à Grenoble :


Contexte

Le 2 Juin, le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), l’Institut National Polytechnique de Grenoble (INPG) et le Conseil Général de l’Isère, inaugurent Minatec, le plus grand pôle de recherche publique européen pour les nanotechnologies.


Les nanotechnologies, c'est quoi ?

Les nanotechnologies visent à étudier, produire et manipuler des objets et des matériaux à l'échelle du nanomètre, soit 10-9 mètre (0,000000001 mètre), c'est à dire à l'echelle des molécules et des atomes. On utilise le qualificatif nanomatériau pour des objets dont la taille est plus petite que 100 nanomètres. Les nouvelles applications des nanotechnologies résident dans le fait que les nanomatériaux ont des propriétés bien différentes des propriétés des matériaux massiques.
De nombreux enjeux en découlent :
  • nanomatériaux, par exemple les nanotubes ;
  • nanomachines et nanorobots ;
  • nouveaux microprocesseurs ;
  • nanobiologies et nanobiotechnologies ;
  • nanomédecin ;
  • nanomédecine.
De nombreuses applications militaires sont également en projet en France et aux USA (micro-drones, armes nano-encapsulées, "poussières de détection" intelligentes etc.).


Critique

Selon certains, ces technologies engagent la société entière dans un modèle de développement "sécuritaire" que les citoyens n'ont pas eu la possibilité de choisir car on ne leur en a pas présenté les enjeux. Certains se demandent quel pouvoir de décision ont les citoyens sur les choix technologiques en démocratie. Ils soulignent la répression de la manifestation contre l'inauguration de Minatec pour exprimer l'idée selon laquelle les citoyens n'auraient pas ce pouvoir.

Or la mise en relation des nanotechnologies avec l'information et le biologique introduit des possibilités inédites dont les effets pervers à court et moyen terme (applications militaires, traçage des citoyens, biométrie etc. ) sont en train de s'engager. Le marché de la biométrie est en pleine croissance et des puces sous-cutanées sont déjà employées pour implanter non seulement les animaux mais déja, dans certains pays, des êtres humains. En Espagne, une boîte de nuit utilise ce système en offrant des cadeaux aux volontaires. Les opposants aux "nécrotechnologies pensent que les médias français (dont ils soulignent qu'ils sont souvent liés aux marchands d'armes) dont le rôle est d'informer, semblent aujourd'hui être incapables d'esprit critique devant les nanotechnologies. Pour eux, il semble plutôt que l'opinion est préparée pour n'en voir strictement que le "bon coté", c'est à dire de nouveaux gadgets à consommer. Beaucoup pensent que l'utilisation des fonds alloués aux nanotechnologies dans leurs aspects militaires et sécuritaires devraient être utilisés autrement, afin d'apporter un réel bénéfice aux citoyens.

Source : Wikipedia
Pour en savoir plus sur les craintes des opposants, un livre.


Contestation anti-Minatec

Le 1er Juin 2006, plus d'un millier de personnes ont manifesté à Grenoble contre Minatec et son monde. De midi à 14h, la manifestation s'est déroulée sans encombres A l'approche du site de Minatec, un policier en civil a tiré dans la foule avec son flash ball, touchant des personnes aux jambes. S'en sont suivies des charges de police obligeant les manifestants à se disperser (nombreuses interpellations, gazs lacrymogènes, blocage de la manifestation). Deux cent personnes se sont ensuite regroupées pacifiquement place Saint Bruno et se sont assises dans l'herbe. Les policiers ont alors chargé massivement. Une jeune fille a été grièvement blessée à la tête par un tir de grenade à fragmentation; elle a été emmenée d'urgence à l'hopital avec un morceau de la joue arrachée. Les nombreux passants et commerçants ont été extrêmement choqués par ces actes démesurés de violences policières.

Source : Indymedia Grenoble


Censure de la presse

En fouillant sur le web, on ne trouve que peu d'échos à ces évènements.
Rebellyon parle de censure en ces mots :
"Soudain Grenoble disparaît du paysage de la presse du pouvoir et de l'argent , des flash et des Jt des télévisions gouvernementale, pas une seule information n'a filtrée sur les médias nationaux et gouvernementaux.

Seul le Daubiné libéré un fleuron local de la presse du pouvoir et de l'argent et de la presse des Dassault - Lagardère en a " parlé " et encore on imagine en quels termes , et les inénarrables France gouvernement 3 section auvergne rhone alpes, nous ressortant les mémes clichés entre " gentils manifestants pacifistes " et méchant " casseurs " anarchistes et " anti médias "parlant a peine de notre amie de lutte blessée grièvement , le commentaires du suce micro se bornant a dire qu'elle fut blessée " par un étui de grenade lacrymogène , alors que tout les témoignages s'accordent a dire que les flics ont utilisés des flash balls et des " grenades assourdissantes " pour disperser une " poignée " d'agités " irréductibles "



Témoignage de la répression : mail reçu ce jour d'une amie grenobloise

"Salut à toutes et tous,

Comme je vous l'avais annoncé, avait lieu à Grenoble jeudi dernier une manifestation contre l'inauguration de Minatec, et contre le monde nécro-technologique que nous préparent les nanotechnologies.

Comme on pouvait s'y attendre, le dispositif policier était impressionnant. Comme on pouvait l'imaginer depuis les manifestations anti-CPE de Grenoble, la police a eu le lacrymo et le Flash-ball faciles : une jeune manifestante a été défigurée par un tir dans la joue et opérée le soir-même, alors qu'elle était assise sur un banc au milieu d'un rassemblement pacifique.

Comme vous le savez, je suis membre du collectif "Opposition Grenobloise aux Nécrotechnologies" qui appelait à cette manifestation et tentait de l'organiser (débats les jours précédents et hébergement collectif des extérieurs à Grenoble) dans la mesure de ses faibles moyens. Mon colocataire Samuel aussi, mais lui c'est encore pire puisqu'il a parlé dans le mégaphone pendant la manifestation.

Pendant la manif, avant la dispersion, la vitrine d'une banque a été entièrement détruite par quelques personnes, que nous ne connaissons pas. Donc, pour la Police, je suis coupable d'avoir "participé à un attroupement armé" et Samuel est coupable "d'incitation à la destruction de biens en réunion".

Donc, nous avons été tous les deux interpellés le lendemain matin vers 9h30, alors que nous nous rendions en vélo vers le centre-ville pour y diffuser des tracts, ou peut-être juste nous reposer car nous nous étions levés à 5h00 du matin afin de veiller sur les gens dormant dans le lieu d'hébergement.

Je ne vous raconterai pas en détail les 10h de garde-à-vue qui ont suivi, juste quelques moments forts :
- fouille au corps (nudité totale),
- découverte des cellules de béton de garde-à-vue,
- transport menottes au poignet à notre domicile pour perquisition, pour y chercher des armes (ce n'est pas une blague),
- pression psychologique intense lors de notre refus de nous soumettre à un prélèvement ADN, notamment pour nous faire croire que cette décision entrainerait la prolongation de la garde-à-vue et une nuit passée en prison préventive,
- audition, où nous découvrons qu'un policier infiltré parmi les manifestants ces derniers jours nous auraient vu "applaudir" lors de la casse de la banque, et Samuel dire "on va péter un laboratoire". (tissu de mensonges incohérent).

Nous sommes finalement convoqués au tribunal de Grenoble le lundi 19 juin à 14h00, où nous serons jugés pour "avoir participé volontairement à un attroupement après sommations et dispersion".

Quant au refus de prélèvement ADN, il constitue un autre délit (le saviez-vous ?? et oui, Bienvenue à Gattaca, le Meilleur des Mondes des lois Perben 2) mais ça c'est le dessert, ce sera pour plus tard.

Nous sommes donc jugés, pour être restés dans la rue alors que les CRS pourchassaient les manifestant-e-s à coups de matraque, de lacrymogènes et de Flash-balls tirés à hauteur de visage. Nous sommes jugés parce que notre colère face à cette répression, a été plus forte que notre peur des cogneurs de la Brigade Anti Criminalité en chasse et en tenue de combat.

Je m'arrête là, vous comprenez que je suis toujours, plus que jamais, en colère.

Il me reste une chose, une seule, à vous demander : si vous pensez que notre arrestation est injuste et indigne d'un pays qui se dit "des Droits de l'Homme", si vous ne voulez pas que nous soyions condamnés à 2 à 4 mois de prison avec sursis pour rien (c'est vraisemblablement ce que nous allons prendre) : diffusez cette histoire autour de vous, parlez-en, dites à tout le monde qu'aujourd'hui en France, c'est le simple droit de manifester qui est menacé.

Il ne s'agit plus aujourd'hui de se demander si nous sommes encore en démocratie. Face à la dictature qui s'installe en France, loi après loi, se nourrissant de la misère et de la résignation du plus grand nombre, du silence des nantis et de la cacophonie des médias, il s'agit de choisir son camp.

A bientôt, grosses bises

Lucas"


Suites et poursuites

La lettre de Samuel, trouvée sur le web :

"Bonjour cher-e-s ami-e-s,

Comme vous le savez sans doute déjà, mon colocataire Lucas et moi avons subi les foudres de la répression policière suite à notre participation à la première manifestation mondiale contre les nécrotechnologies et contre Minatec, le 1er juin dernier.

Interpellés dans la rue le 2 juin, nous avons été placés en garde à vue pendant 10 heures, avec, à la clé, deux procès. Le premier procès pour «participation à un attroupement après les sommations de dispersion » (bref, pour avoir manifesté contre Minatec). Le second procès pour refus de prélèvement ADN. Vous trouverez en pièce jointe deux articles relatant les faits, ainsi qu'un article du journal Le Monde décrivant l'opposition aux nécrotechnologies.

Une semaine après cette garde à vue éprouvante, l'émotion est passée, sauf ma colère. Au fond, ce qu'on me reproche, c'est le fait d'être un opposant politique. C'est d'avoir exprimé, partout où je le pouvais (médias, textes, débats publics, mégaphone...), ma colère contre une science au service des multinationales et des militaires, contre une course au hightech qui néglige ses conséquences écologiques et sociales, contre la confusion entre progrès technique et progrès social. C'est d'avoir dénoncé les applications policières des nanotechnologies, qui rendront la résistance à l'ordre établi de plus en plus difficile (biométrie, vidéosurveillance intelligente, puces sous-cutanées, etc.), une société de plus en plus contrôlée, conformisée, excluante. C'est enfin d'avoir exprimé le souhait d'une recherche scientifique au service du Bien commun, contrôlée par la population.

Vous pouvez m'entendre, en stéréo et pendant 20 minutes, expliquer en détail les raisons de ma colère dans l'émission « Là-bas si j'y suis » du 2 juin sur France Inter, en clickant ici.

Toujours est-il que deux procès nous attendent. Le moral est plutôt bon, mais nous avons besoin de soutien. C'est pourquoi je me permets, exceptionnellement, de vous envoyer ce courriel général.

Pour nous aider, vous pouvez à votre gré :

- venir à notre réunion de soutien mardi 13 juin, 19h, dans le petit parc en face de la Maison des Associations, rue Berthe de Boissieux, Grenoble.
- assister au premier procès, le 19 juin à 14h, au Tribunal de Grenoble, près de la gare, rue Pierre Semard.
- faire circuler l'info autour de vous.
- nous soutenir financièrement (avocats, amendes, communication...).

J'aurai aussi peut-être besoin de témoignages, mais nous attendons l'avis de notre avocat.

D'autres personnes ont aussi besoin de soutien, et notamment Clémentine, manifestante pacifique dont la joue a été transpercée par une grenade à fragmentation. Son procès est fixé au 10 janvier 2007.

En vous remerciant d'avance, amitiées,

Samuël

P.S : pour en savoir plus : le site d'OGN "



Mardi 23 mai 2006
VSD a organisé un duel Corinne Lepage (Cap21) - son blog) et Marine Le Pen (FN).

La question posée est "La peur est-elle le moteur électoral du FN ?".

J'ai voté, et j'ai eu accès aux résultats : plus de 80% de "non". Si comme moi, vous pensez que, en fait, "oui", faites un geste : rendez-vous sur cette page et participez aux votes.

Merci infiniment.

Débat ouvert.


 

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