Mardi 13 juin 2006
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Communication gouvernementale sur une réduction de coûts, information et syndicats
Le ministre français de l'Education Nationale, Gilles de Robien, a annoncé mardi 13 juin sur LCI que 7000 postes de fonctionnaires seraient supprimés dans l'Education.
Il a ajouté qu '"il n'y aura aucune diminution du rapport enseignant-élève, de façon à ce que ce taux d'encadrement reste identique"
Logiquement, pour que ce taux reste identique, on suppose tout de suite qu'il y aura moins d'élèves en 2007 qu'en 2006. Mais ce n'est pas la bonne explication.
Gilles de Robien précise : "Il y a eu un audit qui a été fait et qui a montré qu'il y avait 28.000 équivalents temps plein aujourd'hui qui n'étaient pas devant les élèves".
Ca veut dire quoi ? Que l'équivalent-horaire de 28 000 professeurs par an est payé à être disponible. Au cas où.
L'AFP qui sort l'information raconte la même histoire, en ajoutant une petite phrase qui me laisse perplexe : "Sans préciser comment le taux d'encadrement restera identique avec ces 7.000 suppressions de postes, Gilles de Robien a assuré que la moyenne du nombre d'élèves par classe "est de 24", et que "l'année prochaine, la moyenne sera exactement de 24 (élèves)" "
Or il semble évident au vu des lignes précédentes (que j'ai lues dans la dépèche elle-même) que M. De Robien souhaite supprimer un quart des postes de professeurs non-employés (qui effectuent, en général, des remplacements).
Evidemment les syndicats sont très très en colère, comme ils se doivent de l'être. On peut presque les comprendre. Nous aussi on aimerait voir des classes de dix élèves emmenées par des profs compétents et disponibles. Mais ce serait oublier que les syndicats sont à la source de tous les blocages pour tenter de réformer notre chère Education. Et que l'Education est dans un noir marasme, indépendamment du nombre d'élèves par classe (je ferai un article dessus à l'occasion)
L'AFP, par sa dépèche tendancieuse, qui sera sans doute reprise par 20 mn et Métro et moultes médias et sites web, complique le travail de communication du gouvernement (qui est déjà proche de la nullité). Et passe outre son devoir de neutralité.
Zéro pointé, donc, pour l'AFP.
PARIS (AFP) - Le taux d'encadrement des élèves ne changera pas en 2007 par rapport à 2006", a déclaré mardi matin sur LCI le ministre de l'Education nationale Gilles de Robien, après l'annonce lundi soir de la suppression de 7.000 postes de fonctionnaires dans l'Education nationale.
"La prochaine rentrée 2006, elle est évidemment complètement préparée, et la rentrée 2007 se passera très bien. Je peux vous dire que le taux d'encadrement des élèves ne changera pas en 2007 par rapport à 2006. Il ne changera pas, je peux le certifier, il n'y aura aucune diminution du rapport enseignant-élève, de façon à ce que ce taux d'encadrement reste identique" a insisté Gilles de Robien.
"L'Education nationale, c'est 1. 243 855 personnes (...) Il y a eu un audit qui a été fait et qui a montré qu'il y avait 28.000 équivalents temps plein aujourd'hui qui n'étaient pas devant les élèves", a-t-il ajouté. Par ailleurs, il n'a pas exclu de "rencontrer les partenaires sociaux parce qu'il y a très honnêtement des décharges de professeurs qui ne sont pas toujours justifiées".
Sans préciser comment le taux d'encadrement restera identique avec ces 7.000 suppressions de postes, Gilles de Robien a assuré que la moyenne du nombre d'élèves par classe "est de 24", et que "l'année prochaine, la moyenne sera exactement de 24 (élèves)". Le gouvernement Villepin a décidé la suppression nette de 15.000 postes de fonctionnaires dans le budget 2007, dont un peu plus de 7.000 au sein de l'Education nationale, a annoncé lundi soir l'entourage du Premier ministre Dominique de Villepin.
Cette réduction, qui constitue quasiment le triple de celle enregistrée en 2006 (-5.300), représente "500 à 600 millions d'économies", une somme qui sera pour moitié rétrocédée aux administrations concernées, a-t-on précisé à Matignon dans le cadre de la présentation des lettres plafonds, envoyées le même jour aux ministères.
Cette décision a provoqué une levée de bouclier chez les syndicats de l'Education. Le secrétaire général de la FSU, Gérard Aschieri, s'est notamment déclaré "très en colère" après cette annonce. Il a assuré mardi à propos des 8.700 suppressions de postes dans l'Education qu'"on a un système éducatif où il n'y a plus de mauvaise graisse, il n'y a plus que l'os et on entaille l'os". "Ca s'ajoute: on a eu la purge, maintenant on a la saignée", a-t-il expliqué, en référence aux coupes nettes successives de milliers de postes d'enseignants depuis plusieurs années.
"L'Etat en tant qu'employeur fait un plan social qui ferait hurler tous les ministres si une entreprise privée le faisait", a-t-il constaté. Il a estimé que ces nouvelles suppressions d'emplois revenaient à "sacrifier l'avenir des jeunes". "Comment faire mieux réussir des jeunes si vous surchargez les classes, si vous réduisez les possibilités de remplacement, ce qui va se passer, si vous réduisez l'offre de formation en terme d'options et de filières dans l'enseignement professionnel ?", a-t-il interrogé.
Pour sa part, le secrétaire général du syndicat des enseignants (SE-Unsa), Luc Bérille a qualifié mardi dans un communiqué de "massacre à la tronçonneuse" ces suppressions de poste annoncées."
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