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Mercredi 28 mai 2008

MONTRÉAL, 27 mai 2008 (AFP) - Plusieurs organisations féminines ont appelé mardi les Québécoises à une protestation inusitée contre la junte birmane en leur demandant d'envoyer leurs petites culottes à l'ambassade de Birmanie.

L'appel lancé par la fédération des femmes du Québec (FFQ) et une trentaine d'organisations de solidarité et de femmes s'inscrit dans le cadre d'une campagne internationale visant à dénoncer les brutalités de la junte birmane contre sa population et les femmes en particulier, a expliqué Michèle Asselin, présidente de la FFQ.

L'initiative de la campagne "P'tites culottes pour la paix" vient d'un groupe de femmes birmanes, Lanna Action for Burma (LAB), et a été conçue après la répression à l'automne dernier des manifestations pro-démocratie dirigées par les moines, ce qu'on a appelé la révolution safran, a précisé Mme Asselin à l'AFP.

Ces femmes ont décidé de ce mode de protestation en raison d'un tabou birman selon lequel les hommes ne doivent pas toucher les vêtements portés par une femme au dessous de la taille. Les généraux birmans qui sont superstitieux croient que tout contact avec ces vêtements pourrait leur faire perdre leur pouvoir, selon les organisatrices de la campagne.

"Nous avions prévu de lancer la campagne il y a deux semaines, mais avec le cylcone Nargis on a retardé le lancement pour nous assurer auprès des femmes de LAB qu'elle était toujours pertinente et celles-ci nous ont demandé de la maintenir", a déclaré Mme Asselin.

"En Birmanie comme dans d'autres pays en guerre ou militarisés, il y a des viols systématiques de femmes et des meurtres", a-t-elle ajouté.

Les trente organisations, dont la FFQ et Droit et Démocratie demandent aux femmes d'envoyer des petites culottes déjà portées à l'ambassade de Birmanie à Ottawa.

Le lancement de la campagne à Montréal a coïncidé avec l'annonce de la décision de la junte birmane de prolonger d'un an l'assignation à résidence de la figure de proue de l'opposition Aung San Suu Kyi.

Mardi 1 avril 2008

Source : Le quotidien Libération (mardi 1 avril 2008)

OGM: «Les députés ruraux sont soumis à de fortes pressions»

Eliane Patriarca  


Le député UMP de la Moselle appelle ses collègues à refuser le projet de loi sur les OGM, dont l'examen débute aujourd'hui et qui, selon lui, a été amendé au Sénat pour aboutir à une "mise en culture rapide et massive des OGM en France".
 

Les députés commencent cet après-midi l'examen du projet de loi sur les OGM. Un texte rédigé dans la foulée du Grenelle de l'Environnement, puis amendé et adopté par les sénateurs le 8 février, et qui est aujourd'hui très controversé. Hier, le député UMP de la Moselle, François Grosdidier, a invité l'Assemblée nationale à un texte «manifestement amendé sous l'influence de groupes voulant une mise en culture rapide et massive des OGM en France». Dans une lettre ouverte à ses collègues, il insiste sur «les doutes scientifiques et les enjeux éthiques» qui entourent les OGM et revendique la «liberté de vote». Entretien.

 

Dans votre courrier, vous évoquez « l'activisme forcené de la FNSEA », le principal syndicat agricole et du lobby pro-OGM pour détricoter le projet de loi. Pouvez vous donner des exemples?

 

Il s'agit notamment de démarches individuelles faites auprès des députés ruraux, qui constituent la majorité des députés de la majorité, par les branches départementales de la FNSEA avec plus ou moins, disons, de véhémence. Certains de mes collègues, dont je tairai le nom, se sont entendus dire que leur permanence risquait d'être mise à sac. Le lobby semencier a remarquablement utilisé la base de la FNSEA pour ce travail; puis il a agi via la commission des Affaires économiques du Sénat et de l'Assemblée.

 

Comment réagissent les députés?

 

Mes collègues sont grandement intoxiqués. D'un côté, on leur affirme que les opposants au texte rejettent la recherche, les OGM-médicaments ou résistant aux conditiosn extrêmes. C'est totalement faux, bien sûr. Je pourrais même être favorable aux OGM dans l'alimentation animale si on arrivait à prouver leur innocuité ou le caractère réversible de leur utilisation. Or ce n'est pas le cas, comme on l'a vu avec le maïs Mon810.

En outre, Bernard Acoyer, président de l'Assemblée nationale, ou Patrick Ollier, qui dirige la Commission des affaires économiques de l'Assemblée, assurent les députés que le projet de loi actuel respecte les principes de la directive européenne sur les OGM, principes exposés lors du Grenelle de l'Environnement puis repris par Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo. Or ces principes sont totalement battus en brèche par le texte amendé par les sénateurs qui n'a pour seul objectif qu'une mise en culture rapide et massive de céréales OGM en France, en s'exonérant du principe de précaution.

 

Exemples de modifications qui trahissent selon vous le projet de loi initial?

 

La Haute autorité, qui devait étre chargée de l'évaluation des OGM, est devenu un Haut conseil totalement verrouillé par le Sénat et dont l'indépendance des membres n'est plus assurée.Donc nous n'aurons pas la garantie d'une expertise scientifique indépendante.

Autre problème: le texte réduit le principe de responsabilité. Celle de l'agriculteur est limitée à l'impact éventuel sur la récolte du champ voisin alors que les scientifiques s'accordent à dire que la dissémination d'un OGM va bien au-delà de la dizaine de mètres.

Le texte ne prévoit aucune responsabilité globale de la filière. En cas de catastrophe sanitaire ou environnementale, ce sera donc à l'agriculteur esseulé de rembourser et comme il ne le pourra pas, les fonds publics seront mis à contribution. Les semenciers auront ainsi réussi à privatiser les avantages des OGM et à faire reposer leurs risques sur la collectivité ! Comme libéral, je ne peux accepter cela ! Enfin le texte ne garantit plus la liberté de cultiver ou de manger sans OGM puisq'il n'offre plus de protection contre les contamination de parcelles bio ou traditionnelles.

 

Comment expliquer ce revirement alors que le gouvernment s'était clairement engagé avec notamment les déclarations de Sarkozy à la fin du Grenelle évoquant les «doutes sur l'intérêt des OGM pesticides » ou le « contrôle de la dissémination " ?

 

Le gouvernement a été totalement battu en brèche au Sénat ! D'ailleurs le sénateur Legrand, qui présidait la Haute autorité provisoire sur les OGM, et était le plus proche des positions de Jean-Louis Borloo et de Nathalie Kosciusko-Morizet, a fini par baisser les bras et démissionner.

Au Sénat, c'est le lobby OGM qui a fait la loi et aujourd'hui à l'Assemblée, Patrick Ollier prend le relais. Le texte échappe complètement au gouvernement.

 

Vous êtes de droite, député UMP. Qu'est-ce qui vous a poussé à prendre ainsi position?

 

J'ai commencé à m'intéresser avec plutôt un a-priori favorable à ces biotechnologies, à la recherche en général.

Géographiquement, en Moselle, je suis proche du botaniste messin Jean-Marie Pelt, avec qui j'ai beaucoup discuté. Je n'ai absolument rien qui me rapproche de altermondialistes mais j'ai essayé, en honnête homme, de faire mon travail, de m'informer et de comprendre.

Et puis vous savez, j'ai été confronté, dans ma circonscription, au problème de l'amiante. J'ai des administrés qui en sont morts ou qui en souffrent. Je me suis beaucoup intéressé aux missions d'enquêtes parlementaires sur ce dossier. Et j'ai été effaré de voir que l'on connaissait les risques depuis des décennies. Je suis affolé de voir que de telles catastrophes sanitaires ne servent pas de leçon, que les lobbies peuvent encore mettre en oeuvre les mêmes techniques. C'est scandaleux et ça se répéte.

par OneShot publié dans : Vertitude
Mercredi 27 février 2008

... dans le meilleur des mondes ?


Une "Arche de Noé verte" voit le jour dans l'Arctique

AFP | 26.02.2008 | 22:27

Une "Arche de Noé verte" abritant des graines des principales cultures vivrières a été inaugurée mardi en plein coeur de l'Arctique, véritable cocon pour la diversité végétale menacée par les catastrophes naturelles, les guerres et le changement climatique.

Enfouie dans une montagne de Longyearbyen, chef-lieu de l'archipel norvégien du Svalbard (Spitzberg), à 1.000 km du pôle Nord, la réserve de semences pourra accueillir jusqu'à 4,5 millions d'échantillons , deux fois plus que le nombre de variétés existant dans le monde.
"C'est un jardin d'Eden glacé", a affirmé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, lors de la cérémonie d'inauguration.
Chaudement emmitouflés, la militante écologiste kényane et prix Nobel de la paix Wangari Maathai et le Premier ministre norvégien Jens Stoltenberg ont ensuite déposé symboliquement des graines de riz dans une des chambres froides.
"Le monde est un endroit plus sûr aujourd'hui", a déclaré à l'AFP le père du projet, Cary Fowler , directeur du Fonds mondial pour la diversité des cultures (GCDT), peu après la cérémonie cosmopolite qui mêlait chant traditionnel lapon, musique d'inspiration africaine et choeur d'enfants.
"Nous pouvons maintenant stocker en toute sécurité un nombre considérable de semences vulnérables et précieuses", a-t-il dit.

Surplombant un fjord et ornée pour l'occasion de sculptures de glace et de lumières bleutées, la réserve de semences ressemble à un trident souterrain: un long tunnel débouche sur trois grandes alcôves. Les graines y reposeront dans des sachets hermétiques alignés sur des étagères métalliques.

Seule l'entrée émerge de la montagne enneigée, laissant apparaître deux hautes parois surmontées d'une oeuvre d'art faite de miroirs et de morceaux de fer qui forment un prisme visible, dit-on, des kilomètres à la ronde dans l'obscurité permanente et totale de l'hiver polaire.
La réserve de semences fonctionnera comme un filet de sécurité. Elle conservera dans des conditions optimales, à -18°C, des doubles de graines stockées dans les 1.400 banques de gènes existantes.
C
elles-ci n'offrent pas les mêmes garanties que la nouvelle venue: protégée par des tonnes de roc, des portes blindées et des parois en béton armé, elle peut résister à une chute d'avion ou à un missile nucléaire. Caméras de télésurveillance et ours polaires complètent le dispositif.
Si une variété de culture vient à disparaître dans son milieu naturel, les Etats et institutions pourront récupérer les graines qu'ils ont déposées et dont ils demeurent propriétaires.
Sous l'effet des maladies, du changement climatique ou encore des activités humaines, la diversité génétique s'appauvrit. En 1949, les paysans chinois cultivaient plus de 10.000 variétés de blé, dix fois moins 20 ans plus tard.
Or, la diversité est indispensable pour mettre au point des cultures plus résistantes, moins gourmandes en eau et en engrais, aptes à s'adapter au réchauffement climatique et plus nutritives. D'autant qu'en 2050, il y aura 9 milliards de bouches à nourrir.
"Nous espérons et oeuvrons pour le meilleur, mais nous devons nous préparer au pire", a précisé M. Barroso.
Grand comme deux fois la Belgique pour une population de 2.300 âmes, le Svalbard --où aucune culture ne pousse-- est considéré comme l'endroit idéal pour une réserve de semences.
Isolé mais accessible, politiquement stable, l'archipel est recouvert d'un permafrost qui garantit à l'Arche suffisamment de fraîcheur même en cas de défaillance des systèmes de réfrigération.
La réserve de semences a coûté environ 6 millions d'euros, financés par la Norvège.

par OneShot publié dans : Vertitude
Mardi 26 février 2008

 

 

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